Bon anniversaire, Marie !

0

Jour de fête au CHI. Dans la salle commune de l’EHPAD, Bachir Filali, le directeur et Lysis Baur, cadre de santé, ont réuni le personnel et les résidents de l’établissement pour ce jour si particulier, en présence d’élus (Raphaëla Canteri, conseillère départementale, Laurence Rayeur-Klein, adjointe aux affaires sociales, Gilles Varin, adjoint à la

Marie Marchal, en compagnie de son petit-neveu, Bruno Mazoyer.

communication et Christian Aulen, conseiller municipal à la Ville de Golbey) venus rendre hommage à une de leurs pensionnaires…
Arrivée dans sa quatre-vingt-dix-septième année au sein de la maison de retraite golbéenne, Marie Marchal, jeudi dernier, était le centre du monde, à l’initiative du Conseil départemental. Entourée de toutes ces personnes qu’elle côtoie depuis huit ans et de son petit neveu Bruno Mazoyer, qui avait fait le déplacement depuis Bavilliers (Territoire de Belfort), Marie soufflait ses… 105 bougies. Vous avez bien lu : 105 ans !
Et si cette native de Vecoux (elle y est née le 2 juin 1913) a la vue et l’ouïe déficientes, sa mémoire, en revanche est intacte. Les souvenirs, égrénés par Raphaëla Canteri, Marie les a toujours bien en tête. Sixième enfant d’une fratrie de 8, elle a vécu, après la séparation de ses parents alors qu’elle avait 10 ans, aux côtés de sa maman et de sa sœur Georgette. C’est d’ailleurs elle, Marie ayant peu fréquenté l’école, qui lui a appris à lire, écrire et compter. Courte scolarité car notre centenaire est vite entrée dans la vie active, dans les usines de tissage, bien avant l’âge autorisé. « Nous nous cachions dans les toilettes de l’usine quand l’inspecteur du travail venait », explique-t-elle.
Marie, avec sa maman, a travaillé quelques temps en Haute-Saône (Conflans-sur-Lanterne) et à Belfort, mais elle a vécu la grande majorité de sa vie dans les Vosges, s’installant en 1933 à Golbey ; d’abord dans le quartier des Cités nouvelles puis avenue de Beaulieu, rues de la Moselle, de Beaulieu et Émile-Zola, avant d’intégrer l’EHPAD de la rue Eugène-Lutherer.
Trois ans après son arrivée à Golbey, Marie Romain épouse un Ruppéen, Charles Marchal, tisserand comme les parents de Marie. Le couple travaillera jusqu’à la retraite dans les usines textiles golbéennes, « parfois dans la même, parfois dans des établissements différents ».

Une superbe image d’Épinal personnalisée offerte à Marie (photos CA).

L’armistice de 1918

En cette année du centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale, Marie garde en mémoire le jour de l’armistice ; elle n’avait que 5 ans et demi. Elle a également vécu le second conflit. « Mon mari avait été fait prisonnier et pour aller le voir, avec des amis, nous avons emprunté des bicyclettes pour aller le voir, depuis Golbey, à Niederbronn-les-Bains, au nord du Bas-Rhin, à la frontière allemande ».
En 1944, l’état-major des forces de libération américaines s’est installé à l’hospice départemental de Golbey, là où se trouve actuellement l’EHPAD. « Je travaillais au mess des femmes officiers. J’en garde de bons souvenirs, des gens que je fréquentais et de la Maison départementale, comme on l’appelait alors ». Marie ne doutait pas qu’un jour elle deviendrait résidente sur son ancien lieu de travail…
En 1973, elle eut la douleur de perdre son mari. Un décès dont elle eut du mal à se remettre, portant le deuil pendant dix ans. Elle reprend pied dans les années 80, sort avec les « Vieux travailleurs de Golbey », les « Anciens combattants » et commence à voyager avec un groupe d’amis. « J’ai pris l’avion et vu la mer pour la première fois ».
Joyeuse et positive, Marie aime rire et reste coquette. Jusqu’à l’âge de 90 ans, elle était chez elle, autonome, aidée seulement pour le ménage et la préparation des repas.
Après un séjour à l’hôpital, à 97 ans et demi, elle a donc rejoint l’EHPAD. Tant qu’elle a pu, Marie a pris part aux animations organisées par le personnel, appréciant particulièrement réaliser des pâtisseries avec des enfants. Ses 100 ans, elle les a fêtés avec sa famille et ses amis dans un restaurant de Golbey.
Recevant régulièrement la visite d’un couple golbéen avec lequel elle est liée depuis… plus de 50 ans, de la cousine de sa voisine de chambre, de sa nièce et son petit-neveu, Marie coule, depuis huit ans donc, « des jours heureux, aidée et accompagnée au quotidien par un personnel soignant plein d’humanité ».
Alors que Marie se voyait remettre une superbe image d’Épinal, chacun a levé son verre en l’honneur de l’heureuse plus que centenaire et partagé quelques douceurs.

Partager

Au sujet de l'auteur

Les commentaires sont fermés